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Un parc national riche en biodiversité mais avec de nombreux défis

Le parc national de la Rusizi est un habitat qui abrite de nombreuses espèces animales et végétales. Mais le manque d’une étude récente pour inventorier ou actualiser les anciennes données constituent un défi. A cela s’ajoute la montée des eaux du lac Tanganyika et de la rivière Rusizi qui sort souvent de son lit pour envahir le parc.

Le parc National de la Rusizi est situé dans la plaine de l’Imbo. Entre autres les espèces, l’on y rencontre les oiseaux, les hippopotames, les crocodiles, les serpents, les gazelles, les antilopes, etc. ainsi que des espèces végétales de plusieurs variétés dont certaines comme le « rukoko » sont endémiques. « Nous avons plusieurs espèces d’oiseaux sédentaires dans le parc, y compris mêmes des oiseaux migrateurs en provenance de l’Europe en période hivernales. Mais ces espèces ainsi que d’autres sont victimes d’abord des activités anthropiques et des aléas climatiques qu’a connu leur habitat, “martèle le responsable du parc Térence Ntamubano.

Un habitat exposé à plusieurs difficultés

La réserve naturelle de la Rusizi qui a changé son appellation pour devenir parc national, a connu de nombreuses menaces liées aux activités anthropiques dont le braconnage. Pour le cas d’espèces, « depuis 2010 à 2011 des gens des environs envahissaient le parc à la recherche des serpents pour des fins alimentaires. C’est un produit qui était vendu dans le pays voisin la RDC ; ils y avaient aussi ceux qui cherchaient ces espèces pour s’en servir comme médicament traditionnel, » ajoute le responsable du parc.

La situation s’est aggravée dans ce parc avec les changements climatiques observés depuis 2019 avec une montée des eaux du lac Tanganyika et de la rivière Rusizi qui, à part les maisons d’habitations détruites, n’a pas épargné le parc, ce qui contraint certaines espèces à fuir leur milieu. « Les oiseaux migrateurs qui préfèrent se poser sur des bancs de sable ne peuvent pas tenir suite à la montée des eaux. Non seulement les oiseaux, même les hippopotames qui sont aussi une autre espèce qui attirent l’attention des touristes sont obligés de migrer vers la rivière Rusizi 2 où la zone n’est pas encore inondée. Les plantes aussi comme les acacias sont sous eaux. » souligne un guide touristique de ce parc Alexis N.

Nécessité d’un inventaire de toutes les espèces

« Même si nous affirmons que le parc connaît plusieurs espèces, nous ne sommes pas à mesures de pouvoir localiser si tel ou tel autre secteur abrite telles espèces. Nous devons aussi trouver des noms scientifiques appropries à chaque espèce animale et végétale. » Note Térence Ntamubano. Le guide dans le parc de la Rusizi Alexis souligne : « nous avons par exemple des serpents « Igihirwe » dont on ne connaît pas le nom scientifique quand il s’agit d’expliquer à nos touristes. »

Le manque du personnel suffisant et des équipements constitue également un défi majeur pour assurer efficacement leur travail. « Les gardes forestiers éprouvent des difficultés pour accéder dans des zones sous eaux. Durant la saison sèche les gardes ont du mal à travailler sous un soleil accablant. » Ajoute le responsable du parc.

Le parc a déjà aussi enregistré des pertes suite à la pandémie du covid-19. « La fermeture des frontières a des répercussions sur l’économie. Le nombre des touristes qui fréquentent le parc a considérément chuté. » précise Alexis N.

L’OBPE tranquillise

L’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement se dit être au courant des différents défis auxquels est confronté le parc. « Nous constatons quand même que certaines espèces comme les oiseaux et les hippopotames qui avaient fui leur habitat commence à regagner le parc. Une situation qui s’expliquent par une baisse des eaux. » Explique le directeur de l’OBPE Berchemas Hatungimana. L’OBPE rassure qu’en concertation avec les associations de l’environnement, les déchets qui menacent le parc notamment les plastiques et les sachets vont être collectés au niveau du littoral.

Le parc national de la Rusizi qui a une superficie de 10.673 hectares, est subdivisé en deux secteurs :  le secteur Delta et le secteur palmerais. La montée des eaux du lac a déjà occupé plus de 100 m du littoral au niveau du parc.

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