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Rumonge : la traite et le trafic des êtres humains tend à s’amplifier

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Quatre jeunes filles présumées victimes d’un trafic humain et une femme présumée trafiquante sont détenues au cachot de la police de Rumonge depuis le 3 octobre. Les organisations qui luttent contre ce phénomène tirent la sonnette d’alarme.

Originaires des provinces de Karusi, Gitega et Bujumbura rural, leur âge varie entre 16 ans et 20 ans, elles ont été arrêtées dans le quartier swahili et dans le quartier Birimba de la ville de Rumonge au début de cette semaine selon des sources administratives locales.

Elles étaient employées comme domestiques dans des ménages dans la ville de Rumonge avant qu’une femme trafiquante qui est pour le moment détenue ne les approche pour tenter de les embarquer vers la petite ville de Baraka située au sud Kivu selon les mêmes sources.

Au niveau de la police judiciaire à Rumonge, l’on indique que les enquêtes se poursuivent pour établir les responsabilités, le mari de la femme présumée trafiquante a été arrêté car il est membre d’équipage du bateau qui devait les transporter jusqu’en R.D.C.

La femme et son mari plaident non coupables et indiquent que ces fillettes sont des prostituées et elles voulaient se rendre en R.D.C pour y faire de la prostitution.

La Pafe et les OPJ appelés à la vigilance

Le représentant de l’association ONLCT, ’’Où est ton frère ?’’(Organisation nationale contre la criminalité transfrontalière) dans la région sud indique que ces derniers mois des gens amènent des jeunes filles vers différentes localités de la R.D.C arguant que c’est pour rendre visite aux parentés, pour des études ou pour la recherche d’un emploi. Pour l’ONLT, il s’agirait de la traite et un trafic humain déguisés.

Cette organisation demande surtout aux policiers de la PAFE et les officiers de police judiciaire à être vigilants pour juguler ce phénomène qui tend s’amplifier.

Il se remarque ces derniers jours dans les provinces de Rumonge et Makamba, des gens qui franchissent la frontière. Ils affirment tous que c’est pour la recherche du travail dans les pays limitrophes : la Tanzanie et la RDC.

L’ONLT appelle la PAFE à suivre de près tout mouvement sur les différentes frontières. Selon cette organisation, les trafiquants injectent beaucoup de moyens financiers dans la traite et le trafic humain pour corrompre ou écarter tout élément gênant.

Elle demande au gouvernement et aux organisations de la société civile à vulgariser les différents textes de loi qui réprime ce phénomène notamment la loi no 1/28 du 29 octobre 2014 portant prévention et répression de la traite des personnes et protection des victimes de la traite.

«La convention des Nations Unies contre le crime transnational organisé et les protocoles additionnels de Palerme doivent être vulgarisés», plaide cette organisation.

Pour l’ONLT, la sensibilisation des communautés contre ce phénomène s’avère nécessaire pour amener la population à dénoncer ce crime et à soutenir et protéger les victimes de la traite et du trafic humain.
Signalons que deux filles victimes de ce trafic ont été remises à leurs familles dernièrement en commune de Kibago de la province de Makamba lorsque les trafiquants tentaient de les embarquer vers la Tanzanie en passant par cette commune.

Des observateurs demandent qu’il y ait des formations des OPJ, des magistrats pour mieux réprimer cette infraction et précisent que la traite et le trafic humain génèrent des revenus tout comme le commerce des stupéfiants et le commerce illégal des minerais.

Pour la plupart d’observateurs interrogés, ce phénomène risque de s’amplifier au Burundi compte tenu de la pauvreté sévissant dans plusieurs familles. «Elle pousse aujourd’hui des jeunes Burundaises à devenir des travailleurs migrants».

 

 

 

Iwacu

 

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