Riziculteurs de Gihanga face SRDI

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Les riziculteurs de Gihanga en province Bubanza ne peuvent pas aujourd’hui vendre leurs récoltes. La SRDI (Société Régionale de Développement de la plaine de l’Imbo) qui les encadre exige un paiement préalable des redevances de la saison culturale passée.

Ils n’ont pas pu payer une somme totale de 600 millions de Fr bu équivalente aux redevances pour la saison culturale 2014-2015. C’est pour cette raison que cette société interdit actuellement toute vente de riz, une mesure qui frappe surtout les commerçants grossistes qui transportent cette denrée vers d’autres provinces.

Les riziculteurs s’indignent, demandent d’alléger la sanction et de prolonger les délais de paiement.Les mêmes cultivateurs de riz précisent que ces impayés ont été causés par les faibles récoltes suite aux maladies qui ont attaqué cette culture. Irakoze Fidela, l’une des commerçantes de Gihanga, dit ne pas comprendre pourquoi elle a été empêchée de vendre ses récoltes alors qu’elle n’a aucune dette envers la SRDI.

« Toute une tonne a été enfermée devant les bureaux de la commune dans un Dyna que j’avais loué. J’amenais ce riz chez un client de Bujumbura. Mais voilà qu’on m’a bloqué, je n’ai affaire à personne, je n’ai aucune dette à qui que ce soit » .

Cette femme ajoute que la SRDI qui réclame ses redevances devrait d’abordenquêter et identifier ceux qui n’ont pas payé afin de laisser ceux qui sont en ordre faire leur commerce. Suite à cette mesure qui interdit aux riziculteurs et commerçants de vendre le riz, les hangars et tous les lieux de séchage et de stockage restent débordés par les récoltes. Un bras de fer reste visible entre les riziculteurs et commerçants qui ne veulent pas payer les redevances, du moins pour certains et la SRDI qui leur interdit alors à vendre avant de payer.

Les riziculteurs bénéficient en fait des crédits en espèce, des semences à crédit, des engrais et produits chimiques qu’ils doivent rembourser en nature à la récolte. Pour l’année agricole 2014—2015, tout le périmètre Mugerero (1905 hectares) a été attaqué par la piliculariose du coup, une maladie du riz qui a sensiblement fait chuter les récoltes selon le directeur d’encadrement à la SRDI. A ce moment les riziculteurs n’ont pas payé les redevances puisqu’ilsn’ont pratiquement rien récolté.

De son côté, le directeur d’encadrement à la SRDI explique que les cultivateurs n’ont pas payé les redevances pour l’année agricole 2014—2015, raison pour laquelle ils doivent d’abord payer avant de vendre leurs récoltes.

« Pour l’année passée, les dettes sont de 600 millions de Fr bu, ils doivent aussi payer les redevances de cette année-ci, dire qu’ils veulent d’abord vendre et payer les dettes après, non, cen’est pas possible », précise Samaniro Jean Kennedi, directeur d’encadrement. Il ajoute que cette mesured’empêcher les sorties du riz de la commune est un consensus entre les riziculteurs, les commerçants, l’administration communale et la SRDI.

Selon la même source, on a identifié les lieux de vente et les commerçants autorisés à acheter afin de mieux contrôler et obliger les redevables à rembourser. « Le riz d’un commerçant qui s’improvise est bien sûr saisi et on le retourne au lieu de départ », indique toujours le directeur d’encadrement.

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