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POISON DANS NOS MAISONS

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Les bougies, les huiles essentielles et les produits ménagers polluent notre air… Plus qu’on ne le croit.
À l’intérieur, loin des pots d’échappements et des fumées de cigarettes, on s’imagine respirer un air moins pollué. Pourtant, la pollution règne dans nos maisons. Pire : nous la faisons entrer nous-même.

En effet, la pollution intérieure serait responsable de 99.000 décès par an en Europe. Elle provient des produits parfumés comme l’encens, les bougies ou les huiles essentielles, mais aussi des produits ménagers, déodorants, laque ou vernis. Nous sommes particulièrement exposés à ces produits nocifs vu que l’on passe 80 % de notre temps à l’intérieur.

« Contrairement au tabagisme passif par exemple, c’est le type de pollution le plus méconnu, tant par le grand public que par les professionnels de santé » explique Patrick Hordé, médecin allergologue.

Des produits classés cancérigènes par l’OMS

Les femmes enceintes, les bébés et les personnes âgées seraient les plus sensibles. Cette pollution peut provoquer une irritation du nez, de la gorge et des yeux, des épisodes de fatigue, de nausées et d’eczéma. Mais aussi des problèmes plus graves, comme l’apparition ou l’aggravation de l’asthme, et la provocation de cancers.

Le formaldéhyde, l’une des substances chimiques les plus utilisées dans la composition des produits ménagers d’intérieur, a par exemple été classé comme cancérigène par l’OMS.

Tout dépend bien sûr du type et des concentrations de polluants ainsi que de la durée d’exposition.

Patrick Hordé ajoute cependant que « beaucoup de ces décès ne sont pas dus uniquement à la pollution intérieure, qui constitue plutôt dans la plupart des cas un facteur aggravant de maladies déjà installées. »

Les fautifs

L’encens  : il pourrait soigner, selon certaines croyances, les maladies pulmonaires grâce à sa faculté à entrer dans le sang par les poumons. Mais c’est justement à cause de cela qu’il est dangereux. La fumée émise par les bâtonnets contient des particules de benzène, une substance classée cancérigène par l’Union européenne. Sa quantité est donc maintenant fortement contrôlée.

Mais l’encens dégage toujours d’autres molécules toxiques, comme le dioxyde de soufre et une autre substance cancérigène : l’hydrocarbure aromatique polycyclique.

Des études tendent même à penser qu’il a des conséquences aussi nuisibles sur les poumons que la fumée de cigarette et déclarent la consommation d’encens dangereuse pour la santé quand bien même elle ne serait que mensuelle.

Les bougies  : tout phénomène de combustion émet des particules fines. Les bougies ne font pas exception à la règle. Elles émettent des substances polluantes comme des résidus de suie ou du monoxyde de carbone. Du fait de leur taille microscopique, elles ne sont pas arrêtées au niveau du nez ou de la gorge et pénètrent directement dans les voies respiratoires.

Et  pour les adeptes de ces « pschitts » aux huiles essentielles, le bilan n’est pas meilleur. Il faut en effet plus de substances toxiques et nocives pour arriver à une oxydation avec l’air ambiant. Leur vente en parapharmacie n’est donc qu’une simple stratégie marketing.

Des solutions simples

Pour assainir l’air à l’intérieur de sa maison, de nombreuses solutions existent. Tout d’abord privilégier les produits de la catégorie A+ plutôt que les A, B ou C. Indiqué sur l’emballage, ce sigle signifie que le produit ne pollue pas, ou presque pas, l’air.

En ce qui concerne l’encens, la norme « 100 » naturel de bois ou de résine devrait vous assurer de la non toxicité du produit. Mais, attention aux bâtonnets bon marché appelés à tort « traditionnels ». Ceux-ci contiennent des solvants et parfums synthétiques.

Les purificateurs d’air restent une très bonne alternative à ces produits, en veillant toutefois à entretenir le filtre de manière régulière.
Ouvrir les fenêtres

Patrick Hordé recommande également d’aérer son lieu de vie en moyenne une heure et demie par jour. « Les habitations et les bureaux ne sont globalement pas assez aérés, surtout en hiver, ce qui condense et fait stagner la pollution domestique, donc augmente sa toxicité. »

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