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Ogiga : 45 ans de carrière musicale de l’artiste burundais

ogiga

Vieillir en jouant de la musique est un privilège qui demande une certaine discipline car les artistes sont très exposés à l’alcool, sexe et drogue. Etant des hommes publics, ils sont plus exposés aux dangers que les autres membres de la société, a constaté l’artiste burundais Ogiga qui vient de totaliser 45 ans comme chanteur et percussionniste.

La carrière musicale d’Ogiga a commencé en 1970 comme percussionniste à l’école athénée secondaire de Bujumbura avec l’artiste monument Nikidev dans un groupe de musique mise en place par des scouts. Il qualifie Nikidev comme un grand leader, très pausé, intelligent, doué en arrangement, composition, chant, instruments,…….
Suite à la crise politico-sociale de 1972, Ogiga a dû évoluer ailleurs qu’au Burundi , joignant d’autres artistes burundais au Rwanda du groupe ‘The Fellows’ de Nikidev. Le groupe est partie à Nairobi pour un enregistrement des chansons comme SHOREZINYANGE, JE T ATTENDRAIS LA BAS où ils ont rencontré une autre figure emblématique de la musique burundaise en la personne de ‘Africa Nova’. Ils ont été bien accueillis par l’ambassadeur du Burundi au Kenya qui leur a proposé de faire un grand concert à Bujumbura. Le groupe est rentré sans Ogiga qui, lui, a préféré partir avec un autre orchestre kenya appelé ‘ Bassanga’ pour Mombassa, puis Dar es Salaam et dans d’autres villes de la Tanzanie.
Quelques années plus tard , plus précisément en 1981, Ogiga retourne au pays pour rejoindre son ami Nikidev dans l’orchestre ‘wamasaxe’ . Il n’a pas été ni dans l’orchestre ‘’ AMABANO ’ ni dans l’ ‘orchestre national’ comme la plupart des grands artistes de l’époque. Après il va travailler avec Boudi et Tanga dans l’orchestre ‘’Black and White’ puisque Nikidev était toujours menacé par le pourvoir en place à Bujumbura.
Après la crise de 1993, Ogiga a continué d’évoluer dans différents groupes de la capitale Bujumbura pendant toute la période de crise faisant des karaoke en peu partout comme au quartier ‘ Kibenga’ ou dans la célèbre ‘Havana ‘ au centre de Bujumbura. Il a participé dans beaucoup de concerts partout au Burundi surtout dans les campagnes de pacification. Aujourd’hui Ogiga est dans un orchestre du Club du Lac Tanganyika depuis 5 ans.
A 60 ans Ogiga parait toujours jeune. Son physique ne correspond pas du tout avec son âge. Son secret, nous dévoile-t-il, consommer mois d’alcool, il en consomme quelques fois, il se repose beaucoup, il aime manger surtout des légumes.
« Pour ces jeunes percussionnistes et batteurs qui veulent vieillir en continuant à jouer à ces instruments qui demandent de la force physique comme la batterie, il faut de la discipline, consommer peu d’alcool, éviter le vagabondage sexuel, éviter surtout de fumer », conseille Ogiga aux jeunes artistes musiciens. Il invite les autorités politiques à appuyer les artistes car ils ont un rôle primordial dans le développement du pays dans tous les secteurs.

 

 

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