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Muyinga : Pas question de métier tabou pour les femmes !

Longtemps réservés aux hommes, les femmes de la province de Muyinga ont compris qu’il ne faut pas baisser les bras. N’en déplaise aux préjugés, aucun métier n’est tabou pour elle, pourvu qu’il rapporte de l’argent. Les autorités administratives les y encouragent et les hommes commencent à comprendre que les apports des femmes dans les ménages sont une complémentarité actuellement incontournable.

Du haut du troisième étage du bureau provinciale de Muyinga en construction, Bayivugire Renate, une maçonne attitrée, est fière de ce qu’elle fait. « J’ai aimé le métier. Après consultation avec mon mari, je me suis engagée dans la maçonnerie. Pour moi, il n’ya pas de métier à négliger, pourvu qu’il me rapporte de l’argent », indique-t-elle. Plus loin sur la colline Kiremba en commune Gasorwe, une femme, Zainabu Nibaruta, s’active sur un braisier : elle est « vétérinaire », ce mot qui désigne celui qui fait la grillade de viande. « Je me suis mariée avec un homme qui fait ce métier. Petit à petit, je m’y suis entrainée et j’ai réussi. C’était dans le souci d’aider mon mari qui passait seul toute la journée à chercher ce à quoi nourrir la famille », a-t-elle confié. Malgré cette occupation, Zainabu ne manque pas aux obligations familiales, y compris les travaux champêtres. Pour elle, il est question de chercher partout où elle peut trouver un plus.

Certaines femmes encore réticentes

Uwihanganye Janette est originaire de la province de Kirundo et est conductrice de taxi moto à Muyinga. Elle a commencé à apprendre à conduire une moto, et les motards qui la voyaient l’ont conseillé à s’exercer au métier de taxi-moto. « Ce sont curieusement les hommes qui m’ont encouragée, alors que les femmes me considéraient comme folle », dit-elle. Ce constat est partagé avec Zainabu, qui au début était objet de stigmatisation par les femmes qui disaient qu’une femme qui peut abattre une chèvre n’hésitera pas à égorger son mari. Malgré ces reproches, rien n’a pu stopper leur détermination, et petit à petit, les autres s’y habituent, surtout quand ils voient que leur situation s’améliore de plus en plus.

S’affirmer par des actions

Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas par le statut de femmes que celles-ci sont jugées. « Au moment du recrutement des ouvriers, on ne sait pas exactement ce à quoi chacun est capable. C’est le travail sur terrain qui le démontre. Notre constat est que les femmes sont capables, et parfois pus capables que les hommes. Ce n’est pas par le sexe qu’elles sont recrutées, mais leurs compétences », souligne N.J., le superviseur des travaux au chantier de construction du bureau provincial.

Au niveau de l’administration, les signes sont encourageants. Ndaruhekere Denise, chet de cabinet du gouverneur de Muyinga, ne cache pas sa satisfaction par rapport à l’engagement des femmes à transcender les barrières culturelles pour leur autonomisation : « Elles sont partout : dans les coopératives, le commerce y compris le commerce transfrontalier, les métiers divers, etc. », se réjouit-elle. Pour elle, même s’il y a du chemin à parcourir, l’essentiel est que les femmes marquent déjà le pas, et un pas sûr.

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