Quand les militants des partis politiques s’affrontent à huit mois des élections au Burundi

 

Depuis quelque temps, la fièvre électorale monte d’un cran au Burundi : des accrochages récurrents entre les partisans de différents partis politiques dans différentes localités en constituent un témoignage éloquent.

Les causes sont diverses, mais les vagues d’ouverture des permanences du parti CNL (Congrès National pour la Liberté) semblent mettre le feu aux poudres. Dans certaines localités, ces permanences sont brûlées ou démolies. Cette situation ne laisse pas indifférents les militants du parti au pouvoir CNDD-FDD et ceux du parti CNL qui, quelques fois, s’en viennent aux mains, laissant même des victimes comme c’est le cas en commune Mubimbi (Province Bujumbura) où un cas de mort a été rapporté. De source sûre, il serait un jeune du parti CNDD-FDD. Suite à cette situation, les conséquences tombent généralement sur l’ensemble des burundais, en particulier à la jeunesse qui se met malheureusement au devant de la ligne des affrontements.
Selon certains hommes politiques burundais, l’histoire récente devrait servir d’une école de tolérance par excellence, en citant ici les périodes électorales de 2010 et 2015. Pour ne pas retomber dans les erreurs du passé, Gaston SINDIMWO, 1er Vice-président de la République, trouve qu’il s’avère nécessaire et urgent pour les leaders des partis politiques d’inculquer dans leurs militants les principes de la démocratie dont la tolérance est un impératif sacrosaint. Cette urgence serait expliquée par le comportement ignoble d’intolérance au point de laisser des victimes. En outre, une courte période qui reste avant les élections de 2020 devrait être un autre élément crucial pour enfin inciter les leaders des partis politiques à un marathon de renforcement des capacités de leurs militants en principes démocratiques.

Appel à la tolérance pour certains officiels, du berger à la bergère pour les autres.

Dans la réunion à l’endroit des administratifs et leaders des partis politiques du 19 juillet 2019, le ministre de l’intérieur, de la formation patriotique et du développement local Pascal Barandagiye, a rappelé aux participants de consolider la démocratie et les libertés publiques. Le ministère qui a la sécurité dans ses attributions dans une conférence de presse animée le mardi 20 août 2019, le porte-parole Pierre Nkurikiye a martelé que sauf en province de Muyinga au nord du pays et en commune Muha en Mairie de Bujumbura, les enquêtes montrent que les auteurs des actes de vandalisme des permanences du parti CNL sont les militants à ce parti eux-mêmes. Le parti CNL n’a pas tardé à réagir à ces propos. Dans une conférence de presse du 21 août, Térence Manirambona, porte-parole du CNL s’est inscrit en faux contre les affirmations du porte-parole de la police, mais il a salué les discours des hauts cadres du parti CNDD-FDD au pouvoir, même si, estime-t-il, les actes ne sont pas joints à la parole. En outre, l’administration territoriale à son tour jusqu’à aujourd’hui ne cesse de lancer des appels aux partisans des différents partis politiques à la tolérance.

A huit mois des élections, l’espoir des uns et des autres se fonde sur l’esprit de tolérance qui caractériserait les militants des différents partis politiques. Cela pourrait être un signe précurseur du bon déroulement des élections de 2020. Rappelons que selon le calendrier électoral, le 20 mai 2020 se tiendront l’élection présidentielle, élection des conseils communaux et des députés. Suivront l’élection des sénateurs le 20 juillet 2020 et l’élection des conseils de collines ou de quartiers le 24 août 2020.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *