Le tambour burundais, un bien local sacré devenu mondial

Cela fera bientôt cinq ans que le tambour burundais a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Petit aperçu historique autour de ce monument de la culture burundaise.

À partir du XVème siècle, dans la région des grands lacs, le tambour a été le symbole de la monarchie. Au Burundi, à part cette symbolique du pouvoir,  le tambour était battu à des occasions précises. C’est notamment KARYENDA qui résonnait durant la fête de l’UMUGANURO qui était la fête des semailles, RUKINZO était utilisé pour rythmer les activités au palais royal, comme il y avait aussi d’autres tambours ordinaires. « RUKINZO a son statut, il est le tambour protecteur en quelque sorte. RUKINZO rythmait la vie du roi, mais aussi à côté de cela, il y avait des tambours ordinaires qui étaient  joués par les tambourinaires, les Batimbo. D’autres tambours, ont les jouaient le jour de l’UMUGANURO », souligne Professeur Emile MWOROHA ».

Depuis le XIX ème siècle, avec l’avènement du colonisateur, le tambour a commencé à perdre sa sacralité par le fait qu’il a été commencé à être battu chez le Résident,  n’importe où et n’importe quand ; soit dans les églises pour appeler les fidèles, soit pour rassembler la population  en cas de communication de masse. L’objectif du pouvoir  colonial était d’aliéner la culture traditionnelle pour la remplacer par culture européenne puisque depuis les reformes de 1925-1930, il a été décidé de désacraliser la culture traditionnelle.

Avant l’arrivée des blancs, les BAGANWA et les BATWARE ne pouvaient pas battre le tambour chez eux puisqu’il symbolisait la royauté, sauf les organisateurs de l’UMUGANURO, les gardiens des tombeaux, les BASHUBI et les BIRU avaient ce privilège de garder chez eux le tambour. Les femmes ne pouvaient pas battre le tambour seulement elles pouvaient l’accompagner par des mains. Cette exclusion de la femme serait, selon l’historien E.MWOROHA, par le fait que certaines parties du tambour avaient la même appellation que celles de la femme.

Reconnaissance mondiale

En 2014 le tambour burundais a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. En 2017, le gouvernement burundais a pris la décision de suspendre le jeu du tambour dans des cérémonies non officielles comme les célébrations des mariages, remise de dot etc.. Dans le souci de mettre à l’honneur ce patrimoine, le gouvernement a adopté un décret  portant Réglementation de l’Exploitation du Tambour aux niveaux national et international de  mettre en place une journée nationale dédiée au tambour.

Des rites de célébration de la fête d’UMUGANURO au Burundi à la reconnaissance internationale, des initiatives claires devraient être prises, pour promouvoir le tambour burundais qui offre d’expérience un spectacle incontesté au niveau local et mondial.

 

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