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Sébatien Ntahongendera alias Mandarand

Le mélange des langues : vers une acculturation ?

Mélanger les langues risque de désintéresser son interlocuteur. C’est malheureusement ce que de nombreuses personnes font aujourd’hui au nom de la « modernité ». Il est donc primordial de donner la place à sa langue maternelle car à force de mélanger les langues, on finit par n’en connaître aucune et la conséquence pourrait être de voir la langue maternelle devenir une langue morte.

Le phénomène de mélange de langues est devenu le mode d’expression chez certaines personnes burundaises. Dans leurs discussions au quotidien et même dans leurs discours pour différentes circonstances, ils ne peuvent pas parler dans une seule langue de bout en bout. L’expert en linguistique et en instruments traditionnels, Sébastien Ntahongendera surnommé Mandaranga, mentionne que « le mélange des langues par un orateur perturbe les auditeurs qui suivent son discours. C’est gênant lorsqu’une personne écoute un mélimélo franco-kirundi-swahili et d’autres langues ».

Selon Mandaranga, un intellectuel burundais devrait tout d’abord connaitre et maitriser sa langue maternelle, le kirundi. « La conséquence du mélange de différentes langues dans un discours est le désintéressement de personnes à qui il s’adresse qui ressentent que son interlocuteur semble n’être pas fier de ses origines, de ses racines », martèle l’expert linguistique. Ce que Ntahongendera qualifie d’acculturation assumée de la part des personnes qui utilisent plusieurs langues dans un discours.

Une prise de conscience s’impose

Quelqu’un qui a des parents burundais, qui est né, grandi et étudié au Burundi ne devrait pas ressentir une infériorité linguistique en parlant kirundi. « Ne pas pouvoir dire un discours en kirundi est un signe de complexe. Les burundais doivent se décomplexer et enlever d’eux-mêmes ce sentiment d’infériorité de leur esprit » ajoute Mandaranga. L’expert linguistique interpelle les intellectuels et le gouvernement à une prise de conscience pour venir à bout de cette préoccupation de mélange de langues. Sébastien Ntahongendera propose la mise en place d’un centre national de suivi et promotion de la culture burundaise comme solution.

Le mélange des langues est une insécurité linguistique qui pourrait conduire à la disparition de la langue burundaise le Kirundi. L’université ivoirienne Houphouët Boigny fait état, lors d’une étude effectuée en 2016, de langues africaines qui sont devenues des langues mortes en disparaissant progressivement. Si rien n’est fait le kirundi, langue maternelle de tout un peuple,  pourrait tendre vers une disparition progressive et tout ce qui a trait à sa culture également.

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