Le développement culturel, une nécessité pour le développement

La convention de 2005 ratifiée par le Burundi, consacre la culture comme source de revenus qui devrait être se concrétisée pour enfin apporter sa contribution au développement, surtout par la création d’emploi chez les jeunes. Les défis liés au manque de moyens ainsi que la disparité des forces pour les acteurs qui interviennent dans le domaine culturel devrait être levés. 

La convention de 2005 de l’UNESCO portant protection et promotion de la diversité des expressions culturelles, ratifiée par le Burundi garantit la création des conditions favorables permettant aux cultures de s’épanouir et d’interagir. « La diversité culturelle s’épanouit dans un cadre de démocratie, de tolérance, de justice sociale et de respect mutuel entre les peuples et les cultures. Elle est indispensable à la paix et à la sécurité sur le plan nationale et internationale. La culture doit être intégrée en tant qu’élément stratégique dans les politiques de développement national. » précise la Représentante Pays de l’UNESCO au Burundi.

« La culture ne doit pas non seulement être considérée comme un domaine à part entière mais aussi comme l’un des secteurs capables de contribuer dans le développement du pays. Cela doit se matérialiser par un soutien aux artistes créateurs. » souligne le spécialiste en littérature africaine écrite et orale et professeur d’universités, Domitien Nizigiyimana.

Un secteur négligé et sous financé

Les artistes comme toutes les personnes qui interviennent dans le domaine culturel ont un rôle important pour faire avancer la culture. « Moi je joue au tambour il y a bientôt 12ans, par mon simple plaisir de perpétrer la culture de nos ancêtres ; Paradoxalement, depuis que le tambour burundais est inscrit à l’Unesco comme patrimoine mondiale depuis 2014, je n’ai jamais eu un léger mieux par rapport à mes conditions de vie. » déplore le tambourinaire Emmanuel Miburo. Christine Ndayizeye encadreuse des jeunes au sein du Club culturel Intatana, souligne que même si le Burundi a déjà signé la convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, son applicabilité n’a jamais été effective. Quant au directeur général de la culture et de l’art au sein du ministère de la culture et des sports Aimable Nkunzumwami, les moyens accordés au ministère ayant la culture dans ses attributions lors des prévisions budgétaires de l’Etat est un réel défi pour accomplir sa mission.   

Nécessité des mesures d’accompagnement

« La ratification de la convention est une chose, mais le gouvernement doit faire en sorte qu’il y ait un corps d’enseignants à l’Université du Burundi rodés dans le domaine de la culture pour que l’encadrement des jeunes soient mené par des gens qui ont beaucoup de connaissances. Vous voyez des gens qui se disent être au service de la culture qui le font plutôt juste pour avoir quelque chose à mettre sous la dent sans connaitre en réalité le fond de ce qu’ils font. Ainsi par exemple, des clubs sont créés au niveau des communes mais au lieu de faire valoir la culture, se convertissent plutôt en outils de propagande du parti au pouvoir alors que la culture va au-delà des idéologies politiques », regrette Christine Ndayizeye. Le Directeur Général de la culture et de l’art appelle plutôt aux gens de travailler en associations et coopératives pour arriver aux résultats réels.

Dans ses objectifs, la convention de 2005 ratifié par le Burundi, mettait en avant la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles en créant les conditions permettant aux cultures de s’épanouir et d’interagir librement, de manière à s’enrichir mutuellement. Elle prévoit également d’encourager le dialogue entre les cultures afin d’assurer des échanges culturels plus intenses et équilibrés dans le monde en faveur du respect interculturel et d’une culture de la paix.

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