La lutte contre la drogue est du ressort de tous

Par Clairia Kankundiye

Le sevrage aux stupéfiants est un combat de longue haleine. Des modifications au niveau du cadre légal pour lutter efficacement contre la consommation ainsi que le trafic de drogue s’avèrent nécessaires. Des acteurs qui luttent contre les stupéfiants proposent la multiplication des centres de prise en charge et la disponibilité des médicaments.

La consommation de la drogue est une pratique monnaie courante dans les centres urbains du Burundi. Les centres et les associations qui peuvent aider les consommateurs et les usagers de drogues sont par contre moins nombreux dans le pays ; c’est notamment le Centre Neuro-Psychiatrique de Kamenge (CNPK) et le Burundian Association of People who Used Drugs (BAPUD). Ces centres proposent un accompagnement du consommateur et une sensibilisation en leur faveur pour un changement de perception dans la société.

Le BAPUD relève des lacunes au niveau des textes de loi quant à la répression et l’usage de stupéfiant. « Le législateur devrait rendre la loi flexible en ce qui est des sanctions que doivent encourir les consommateurs, les vendeurs et les producteurs de drogues qui devraient être différentes selon le cas » propose le coordinateur national de l’association BAPUD Richard Nininahazwe.

Des entraves dans la lutte contre l’usage des stupéfiants   

La prise en charge des consommateurs de drogue nécessitent quelques prédispositions. L’association BAPUD note cependant quelques obstacles pour aider les consommateurs à décrocher de leur addiction. « Un manque criant de personnes habilitées pour assister ces usagers de drogues se fait remarquer sur le territoire, notamment des médecins spécialistes à temps plein pour soutenir les consommateurs dans leurs démarches ; le pays ne dispose que 30 pairs éducateurs un nombre très faible par rapport aux besoins réels » selon Richard Nininahazwe. Et d’ajouter que le manque de psychotropes médicaments qui soulage les consommateurs de drogues constitue aussi un défi dans cette lutte.

Tout les moyens sont bons pour accéder aux drogues

Selon les témoignages de jeunes anciens consommateurs de drogues, l’économie des ménages est mise à mal. Les consommateurs de ces produits illicites font tout pour avoir de l’argent afin de pouvoir s’approvisionner, allant même à s’adonner à des actions douteuses dont le vol. Des anciens consommateurs de drogues interpellent ceux qui font toujours cette pratique de l’abandonner et de penser plutôt aux activités de développement.

Les jeunes ayant l’âge compris entre 18 et 24 ans font partie de la catégorie qui s’adonnent le plus à la consommation des drogues. « L’utilisation des stupéfiants a des effets néfastes pour la santé du consommateur. Mis à part l’accoutumance, la prise de drogues surtout celles qui sont injectables augmentent le risque d’attraper des maladies opportunistes comme le VIH/Sida, l’hépatite B et C » selon le chargé des programmes à l’Association Nationale de Soutien aux Séropositifs et aux malades du Sida ANSS Déogratias Ndayitwayeko.

Ndayitwayeko suggère la conjugaison des efforts de toutes les parties prennantes pour trouver une issue favorable face à cette problématique. « Une stratégie doit être adoptée par non seulement l’ANSS mais aussi par les services de police, la magistrature, les associations des personnes utilisatrices de drogues injectables ainsi que les structures publiques de prise en charge auxquelles s’adressent les consommateurs de stupéfiants. »

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