Le lait, plus un outil de socialisation qu’une simple alimentation au Burundi

En dehors d’être un aliment important et surtout pour les enfants, des considérations et rites accompagnaient la consommation du lait.

Dans le Burundi ancien, la vache a été le symbole d’une richesse et surtout de fierté, ce qui faisait qu’on y tirait une  attention particulière  que ce soit durant la période de gestation, de vêlage, de traite, etc. Le colostrum n’était pas généralement bu, on le laissait au veau pour la protection de son corps encore fragile laissait le veau allaitant. Après 5 à 7 jours on commençait à traire la vache.

Du simple lait à l’éducation

La consommation du lait devait suivre des directrices et des interdits bien précis. Christine NDAYIZEYE,une passionnée de la culture burundaise, précise que : «  le lait ne se buvait pas n’importe comment ; lorsqu’on donnait le biberon( Inkongoro) à l’enfant, il s’asseyait obligatoirement sur une natte, les jambes allongées, tenant le biberon avec les deux mains sans parler et buvait lentement   pour l’empêcher de cracher dans le biberon ». Le matériel utilisé exigeait une propreté sans faille. Pour Onésime NAHIMANA, un septuagénaire de la région du  Bututsi(Sud du pays), les pots au lait, les biberons étaient soigneusement lavés et séchés sur une étagère, et cela se transmettait de génération en génération pour créer des futurs hommes de valeur. La consommation du lait et ses dérivés faisaient  que l’enfant grandisse avec l’esprit de l’existence du sens de l’interdit.  Cela se manifestait au moment de traire la vache, on la caresser pour la tranquilliser et  l’amener à produire plus de lait.

Christine NDAYIZEYE dit que comme on berçait le nourrisson pour l’empêcher de pleurer,  la vache aussi bénéficiait des mêmes traitements par des caresses, de la poésie pastorales, les soins de santé, etc.

Education autour du lait en disparition

L’éducation qui accompagne le lait tend à disparître, comme le regrette Onésime NAHIMANA : « Sous l’influence des coutumes étrangères, tu peux croiser une personne en cours de route avec du lait dans un sachet, ou en bouteille. Christine NDAYIZEYE quant à elle se dit choquée de voir des gens qui entrent dans un café et prennent le lait debout.

 

 

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