Des populations dans l’impossibilité de faire face au Covid-19

Les habitants du quartier Mugaruro zone Buterere commune Ntahangwa au nord de la ville de Buujumbura, sont pris par la peur de la maladie à coronavirus. Ils se disent gangrenés par une pauvreté, une situation qui ne leur permettent pas d’avoir à leur disposition des kits de lavage de mains afin d’appliquer les mesures prises pour palier à la propagation de la maladie à coronavirus.

« Nous sommes au courant de cette pandémie du covid-19, ainsi que les mesures prises par les autorités pour empêcher une probable propagation de la pandémie », déclare une des femmes assises sur des pierres, les enfants dans les mains en train de préparer à l’air libre, des frites de patate douce. Ces habitants du quartier Mugaruro zone Buterere au nord de la ville économique Bujumbura qui sont majoritairement des Batwa (une des composantes ethniques au Burundi), précisent que la pauvreté qui gangrène leurs ménages les ramènent donc dans l’impossibilité de pouvoir s’acheter des sceaux et des savons pour pouvoir  mettre en application des mesures prises par le gouvernement du Burundi à travers le ministère de la santé publique et de lutte contre le sida ; entre autres la disponibilité d’un kit de lavage de mains dans différents endroits qui réunissent plus de personnes, le respect de la distance sociale, l’abandon de l’habitude de se saluer par des contacts corporels, tousser au niveau du coude etc.

La disponibilité de l’eau potable et des kits de lavage, une priorité

« Regardez vous-mêmes : le quartier n’a pas d’eau potable, même le peu de robinets à notre disposition sont à sec et quand l’eau coule, nous sommes obligés de payer par bidon. » regrette une femme de la localité. « Les autres ont reçu des bienfaiteurs des sceaux et des savons, mais ici chez nous, aucune organisation n’a jusqu’ici pensé à nous », ajoute une autre femme. « Il faut d’abord des mesures pouvant protéger les conjoints qui partagent un même lit », s’exclame un cinquantenaire. Ces habitants regrettent que dans de telles conditions, ils ne peuvent pas faire face à cette pandémie. Une autre préoccupation soulevée par ces habitants c’est le surpeuplement de ce quartier qui pourrait favoriser la propagation du Covid-19 au cas où un cas testé positif serait déclaré.

La Regideso doit faire quelque chose

Le chef de quartier Mugaruro Sylvestre Nyandwi dit être au courant des inquiétudes soulevées par ces citoyens. Il souligne qu’à son niveau il se limite à la sensibilisation pour prévenir contre cette maladie et de rappeler que la situation de pauvreté dans laquelle vit cette population les empêche d’appliquer à la lettre ces mesures. « Nous demandons au gouvernement de prendre en main la question de manque d’eau potable dans le quartier Mugaruro comme il était intervenu au moment où le cholera s’était déclarée dans cette zone. », conclue Sylvestre Nyandwi.

Selon les statistiques officielles, le Burundi a déjà enregistré 42 cas testés positifs depuis la fin du mois de mars 2020, une personne est déjà décédée, 20 personnes sorties du lit de l’hôpital et 21 sous traitement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *