Des femmes pour un travail qualifié « d’hommes »

Le transport des briques est un travail fatigant, exténuant et harassant réservé généralement à la gente masculine. Des femmes de la localité de Mubone ont opté pour ce travail pour subvenir à leurs besoins.

Ces femmes de Mubone zone Mutimbuzi en province Bujumbura ont choisi d’exercer le métier de transporter sur la tête des briques non-cuites de leur lieu de fabrication au four de cuisson sur une distance de 100m.  Les unes utilisent des paniers traditionnels (ikivumvu) et d’autres des bassins. « J’essaie de charger la plus grande quantité possible de briques que peut contenir mon panier. Je peux transporter 1000 briques par jour voire même plus. C’est un travail normal lorsqu’on s’y habitue. » dit Evelyne transportant des briques non-cuites avec un enfant au dos.

« C’est un travail fatigant, qui nécessite beaucoup d’énergie. Avant de commencer une journée de travail, je dois impérativement avoir pris quelque chose par exemple un ou deux beignets et un jus de 100f ». Martèle maman Raïssa et d’ajouter « je commence ma journée à 5h30, tout en espérant avoir fini de transporter les 2500 briques comme il est convenu vers 13h. Lorsque tu t’en sens la force tu peux travailler jusqu’à 17h. Tout cela dépend du salaire fixé et du nombre de briques non-cuites ».

Difficile mais un gagne-pain

La briqueterie de Mubone emploie des femmes et des hommes. Ces femmes se disent satisfaites du métier de transport de briques non cuites car le salaire perçu journalièrement leur permet de faire vivre leur famille et de subvenir à tous les besoins.

Pour transporter ces briques, les femmes doivent charger elles-mêmes les briques dans les paniers sur la tête, certaines avec des enfants au dos, et de faire un va-et-vient de la place de fabrication jusqu’au four de cuisson et ce jusqu’à la fin de quantité convenue par jour. Il faut ensuite qu’elles rentrent s’occuper des travaux ménagers et des enfants qui sont restés à la maison.

Métier qui peut être fait par tous

Certains hommes travaillant dans la briqueterie s’occupent principalement de fabriquer ces briques non cuites d’autres les transportent comme les femmes. « C’est un travail exténuant qui devrait être réservé aux hommes car nécessitant une grande force physique et une endurance. Les femmes rentrent épuisées et parfois n’arrivent pas à bien faire certaines activités ménagères lorsqu’elles arrivent au domicile. » déplorent ces hommes. « J’aide ma femme quand je m’aperçois qu’elle est à bout de force. Nous formons un foyer et pour chacun doit contribuer pour que tout aille pour le mieux. » ajoute un homme rencontré sur place. Pour ma part, estime maman Raïssa, cette mère de 5 enfants, « notre métier ne doit pas être réserver qu’aux hommes car nous aussi, comme eux, sommes capables de transporter autant de briques non cuites par jour » et de mentionner « d’ailleurs nous ne faisons pas que transporter ces briques. Nous en fabriquons nous-mêmes ». « Il n’y a aucun travail qui est destiné aux hommes seulement. J’incite les femmes à ne dénigrer ni mépriser ni négliger aucun métier que ce soit afin de pouvoir subvenir à leurs besoins et à ceux des leurs. » martèle-t-elle.

Les femmes de Mubone exerçant le métier de transporter les briques non-cuites ne sont pas les seules à effectuer un travail qualifié par certains comme exclusivement réserver aux hommes. Dans la municipalité de Bujumbura, il s’observe des femmes maçonnes dans différents chantiers d’autres transportant des pierres.

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