Covid-19 : Entre peur et résignation

De plus en plus au Burundi, l’on observe une perte d’intérêt quant à l’application des mesures prises par le gouvernement pour faire face au Coronavirus. La peur gagne les gens souffrant des maladies chroniques, les autres recourent à l’automédication, le ministère de la santé publique appelle plutôt au respect des mesures prises.

Le gouvernement du Burundi a pris des mesures pour faire face à cette pandémie entre autres le lavage des mains à l’eau potable et au savon, la distanciation sociale, l’obligation de tousser au niveau du coude, éviter les contacts corporels etc. Dans un premier temps, la population semblait mobilisée puisque dans les endroits publics, la disponibilité des kits de lavage des mains était observable.

Une mobilisation en baisse

Dans les premiers jours de la sensibilisation et pour faire face à la maladie à coronavirus les bureaux, les écoles, les églises, les marchés, les transporteurs, se laver les mains était une obligation et même certaines gens de leur initiative, commencent à porter des masques pour se protéger. Une habitude qui tend à disparaître progressivement. « Aujourd’hui vous-même vous voyez que le sceau ne contient même pas d’eau et il n’y a pas de savon ! » indique un écolier. « Nous voyons que là où il y a des dispositifs, soit c’est l’eau qui manque, soit c’est le savon qui fait défaut ou les deux à la fois. Vous pouvez constater que même si les deux sont disponibles les gens passent sans se laver », poursuit-il.

A l’intérieur du pays, la situation est plus inquiétante : « Des gens se partagent un chalumeau ou partage une même bouteille de bière de banane et autres boissons ; les gens s’embrassent comme si de rien n’était », martèle le gouverneur de la province Kayanza, Anicet Ndayizeye. L’autre phénomène qui s’observe est que tout cas de mort enregistré est qualifié de coronavirus, ce qui conduit à l’auto discrimination.

Une société récupérée par des rumeurs et du manque d’information

Avec cette période de pandémie, les gens s’adonnent à diffuser des messages comme quoi la maladie est une maladie des personnes riches et du coup cela détourne l’attention du strict respect des mesures de riposte contre le covid-19. Alors que des gens parlent du nombre élevé des personnes diagnostiquées au Covid-19, d’autres sources parlent de patients mal pris en charge dans les structures sanitaires une fois suspectés de la maladie à coronavirus. « Nous recommandons au personnel soignant des hôpitaux qui se précipite à alerter l’équipe du ministère pour tout cas suspect de Covid-19 de ne pas se précipiter et traiter le patient comme ils le font pour les autres patients ordinaires car le coronavirus est une maladie comme les autres. Ils doivent savoir qu’il faut alerter le ministère s’il y a des complications. » précise Thaddée Ndikumana. Certains individus préfèrent faire recours à la médecine traditionnelle pour une telle ou telle autre pathologie.

 

L’automédication prend de plus en plus de la place

« Les personnes ayant des maladies chroniques comme le VIH, le diabète, l’asthme et bien d’autres sont plus vulnérables au Covid-19 et sont susceptibles des complications une fois atteint du virus. Ils ne doivent pas donc arrêter leurs traitements » recommande le ministre de la santé publique et de lutte contre le sida, docteur Thaddée Ndikumana. « Je sais qu’avec un sauna aux feuilles d’eucalyptus je peux me soigner le coronavirus », témoigne une femme avec quelques feuilles d’eucalyptus dans la main. « Consommer régulièrement du gingembre, des citrons mêlés aux oignons sont efficace pour soigner protéger contre le Covid-19. » précise une femme âgée d’une cinquantaine d’année.

Les structures sanitaires restent les seules à traiter le Covid-19

« Nous avons constaté qu’il y a des gens qui « se soignent » eux-mêmes faute de traitement approprié. Nous interpellons les médecins à s’imprégner du protocole pour faire le diagnostic clinique et biologique du covid-19. Nous sommes également au courant qu’il y a des thérapies traditionnelles appliquées ici et là sur certaines pathologies », souligne le ministre Ndikumana. Le comité national scientifique élargi mis en place par le ministère de la santé publique et de lutte contre le sida pour la mise en place d’un protocole de riposte recommande la réduction de la transmission aérienne par le respect de la distanciation sociale ainsi que le port du masque. Le comité propose également de revoir la transmission par voie indirecte par le renforcement du lavage des mains et la désinfestation des surfaces. L’autre recommandation est le dépistage large et le confinement partiel ou total pour arrêter le virus.

Les deux premiers cas du COVID-19 ont été diagnostiqués au Burundi à la fin du mois de mars 2020. Actuellement 63 ont été testés positifs au coronavirus, 33 personnes guéris ,1 cas de décès et 29 hospitalisées.

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