Burundi/ Environnement

Le gouvernement donne un ultimatum d’un mois pour les habitants proches de la station d’épuration de Buterere

De gauche à droite:Ministre des travaux publics, ministre de l’intérieur, ministre de l’environnement, le Maire de la ville et l’administrateur de la commune Ntahangwa.

 

 

 

 

Lors d’une descente effectuée mercredi 30 janvier 2019 par les trois ministres burundais : le ministre de l’intérieur, le ministre de l’environnement, et celui en charge de l’urbanisme  accompagnés par le Directeur Général de la police nationale à la station d’épuration de Buterere , au Nord-Ouest de la ville de Bujumbura , ces dignitaires ont indiqué que toutes les constructions érigées en périmètre de 400 mètres de la station d’épuration doivent être dégagées pour le bien de la santé humaine et environnementale.

Seul un ultimatum d’un mois a été donné. Devant des propriétaires des parcelles, ces représentants du gouvernement ont signifié que cette zone est non habitable expliquant que l’espace constitue une bombe à retardement au vu des substances dégagées par les eaux usées des ménages et des industries de Bujumbura . «  La population doit comprendre que les effets des substances aspirées ne sont pas directes, ça va plutôt être remarqué au niveau des générations futures. » a expliqué Déo Guide Rurema, le ministre ayant l’environnement en ses attributions arguant que les petits enfants qui constituent une force de production ne doit en aucun cas être étouffés dans l’œuf par l’orgueil de leurs parents.

Prenant à son tour la parole, le ministre de l’intérieur Pascal Barandagiye n’y est pas allé à quatre chemins : «Que les résidents comprennent ou pas, ils doivent dégager le lieu. » Mr Barandagiye a précisé que le gouvernement dois protéger cet espace publique quelles que soient les démarches ou manœuvres  même frauduleuses qui auraient émaillé son attribution à la population.

Au sujet de cette propriété foncière appartenant aux services techniques Municipaux (SETEMU) qui pose polémique depuis 2014, le ministre en charge de l’urbanisme et des travaux   publics a déploré que les propriétaires des parcelles n’ont pas tous eu l’autorisation de  bâtir. Jean Bosco Ntunzwenimana a rassuré cepenant qu’aucune injustice ne sera pas commise. Il a indiqué qu’une liste des ayants droit doit directement être affichée et a demandé à quiconque se sentira lésé est libre à la réclamation.

 La population fustige le plan de délocalisation

Des résidents cibles de déménagement se disent surpris. Très étonnés, ceux qui ont pris la parole ont manifesté un sentiment de désolation.

Des propriétaires de parcelles devant les ministres.

« Nous sommes tellement consternés, nous ne voyons pas où nous aurons installer nos familles, si bien que le gouvernement motive cette délocalisation par la protection de la santé publique et de l’environnement. » regrette un homme d’environ une soixantaine d’années. Il s’oppose toute expertise qui aurait pu démontrer que cette zone est inhabitable et demandé une indemnisation à la juste valeur de leur dépense au niveau de la construction de leurs maisons.

D’autres ont plutôt proposé que la station d’épuration de Buterere soit délocalisée  plutôt que chasser la population, ce qu’a jugé de rêve le ministre de l’intérieur.

Des habitants natifs de Buterere rencontrés   sur le lieu nous ont révélé qu’un croquis démontrant la propriété des SETEMU a été présentée 2008, alors que la zone commence à être habitée vers les années 1980. Le ministère des travaux publics et de l’urbanisme informe que des constructions envahissant la station d’épurations ont été interdites depuis 2014 par les pouvoirs publics, mais que la population a fait la sourde oreille.

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